Sentiers

Entre deux

Accueil > Le meilleur est avenir ... > L’agroforesterie : une solution viable

L’agroforesterie : une solution viable

vendredi 2 janvier 2015

Evolution de l’agroforesterie en France

Aujourd’hui, sur l’ensemble du territoire français, on recense plusieurs types de systèmes agroforestiers traditionnels : les pré-vergers, les cultures intercalaires dans les fruitiers (comme les noyeraies du Périgord et du Dauphiné), les cultures intercalaires dans les peupleraies, et les systèmes bocagers (parfois associés à l’élevage). Le recensement effectué en 2001 et 2002 lors du programme européen SAFE a estimé les surfaces agroforestières sur terres agricoles à environ 160 000 ha en France (Paris P., 2002). D’autres systèmes, agroforestiers également, sont souvent associés au sylvopastoralisme (pré-bois dans le Jura, châtaigneraies pâturées de Corse et des Cévennes ou encore pâturage en sous-bois méditerranéen).
Mis à part le peuplier et les arbres bocagers, l’arbre agroforestier traditionnel est essentiellement fruitier. Les déclinaisons régionales sont nombreuses : on peut citer les associations de pêchers et maraîchage dans le Roussillon, de noisetiers avec grande culture dans le Sud-Ouest, d’oliviers avec vigne en méditerranée ou encore de chênes truffiers associés avec la lavande en Drôme provençale. Les arbres fourragers comme le chêne ou le frêne, dont les fruits ont nourri pendant des siècles les animaux d’élevage, constituaient autrefois une part importante des systèmes agroforestiers. Ils ont largement régressé en France. La pratique de l’émondage des arbres en haie reste cependant encore relativement courante en zone de bocage (Massif Central, Pyrénées, Bretagne, Normandie,...). Dans le Sud-Ouest, les plantades de chênes pédonculés ou de chênes liège plantés à larges espacements occupaient des espaces publics aux abords des villages. Les éleveurs venaient y mener le bétail, qui consommait les glands tombés à terre. Ces plantades ont quasiment disparu aujourd’hui.
Depuis une trentaine d’années, de nouvelles pratiques voient le jour, associant arbres forestiers et agriculture. Issus de l’expérience des pratiques traditionnelles, du travail de la recherche, mais également de l’initiative d’agriculteurs précurseurs, ces systèmes modernes tentent de dépasser les contraintes liées aux systèmes traditionnels. A la fin des années 1980, le Cemagref a mis en place des parcelles expérimentales dans le Parc du Boulonnais (62) ainsi qu’en Auvergne, tandis que l’INRA [1] de Montpellier en collaboration avec le CRPF [2] du Languedoc Roussillon a installé une dizaine de parcelles agroforestières sur prairie en 1988. En 1995, l’INRA crée sur plus de 50 hectares la première expérience de Recherche & Développement associant arbres, grandes cultures et vignes sur le domaine de Restinclières, au nord de Montpellier. Grâce à l’implication de nombreux partenaires (APCA [3], INRA, associations d’agroforesterie, bureaux d’études, chambres d’agriculture…) une quarantaine de parcelles de démonstration ont été installées dans 6 régions, dans le cadre du programme Agroforesterie 2006/08 financé par la mission DAR du Ministère de l’Agriculture. En 2008, on comptait plus de 300 projets agroforestiers, expérimentaux ou non, répartis sur toute la France. Aujourd’hui, la surface totale en agroforesterie dite « moderne » est estimée à plus de 4 000 ha mais la surface exacte n’est pas connue.
Les motivations des agriculteurs sont variées : maintien de la biodiversité, protection des sols, diversification patrimoniale, création paysagère, développement des ressources cynégétiques... L’agroforesterie est envisageable sur tous les types d’exploitation, tant sur la nature des productions que sur l’importance de la SAU et le niveau de technicité. Grâce à ces pratiques, les porteurs de projets peuvent maintenir leur capital agronomique (sol, biodiversité) par l’introduction des arbres, sans réduire leur revenu agricole (capital bois). Depuis 2009 et l’ouverture de la première mesure nationale de soutien à la plantation dans les parcelles agricoles, des centaines d’agriculteurs se lancent dans des projets : plusieurs milliers d’hectares d’agroforesterie ont été mis en place depuis ou sont en cours d’aménagement.


Voir en ligne : L’agroforesterie est productive et résiliente


[1Institut national de recherche agronomique.

[2CRPF : Centre régional de la propriété forestière.

[3Assemblée permanente des Chambres d’Agriculture

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)