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Itinéraires agronomiques à bas intrants en grandes cultures dans l’Aube

vendredi 2 janvier 2015

L’idée fondamentale est de faire davantage avec la nature pour réduire les factures et la dépendance aux intrants, redonner vitalité aux sols et atteindre l’optimum de productivité agronomique par une meilleure transformation de l’énergie solaire (valorisation de la photosynthèse). La première modification culturale est le non labour et le maintien du champ en végétation toute l’année. Le non labour réduit très significativement la facture énergétique. Assez facile à mettre en œuvre, il concerne aujourd’hui 30 % de la SAU [1] des grandes cultures en France. Au bout d’un certain temps, peuvent cependant se poser des difficultés de désherbage, obligeant, soit au recours à des désherbants, soit à la charrue, soit à une diversification des rotations. L’introduction des légumineuses a l’avantage de faire aussi office de fertilisation naturelle. Une étape supplémentaire est le passage au semis sous couvert végétal. C’est donc toute une nouvelle agronomie avec recours à un nouveau machinisme agricole (semoirs) qui vient prendre corps.
Confronté à des exigences multiples et souvent contradictoires, renvoyé à une image tantôt positive tantôt coupable par la société, l’agriculteur se voit imposer des règles environnementales toujours plus nombreuses alors qu’il fonctionne dans un cadre technique et économique contraint. Pour beaucoup d’agriculteurs, le maintien d’un certain niveau de revenus apparaît comme contradictoire avec les exigences environnementales imposées. Par ailleurs, si les politiques publiques ont tracé un certain cap, il apparaît que l’approche réglementaire atteint vite ses limites. Heureusement, dans le même temps, des groupes d’agriculteurs et des acteurs des filières prennent eux-mêmes des initiatives et inventent de nouveaux modes d’agriculture à valeur écologique ajoutée, conciliant durablement la productivité, ou le revenu, et la bonne gestion et la restauration des ressources naturelles.
Dans l’Aube, la coopérative Nouricia, devenue récemment Vivescia suite à sa fusion avec Champagne Céréales, a été une des premières grandes coopératives françaises à s’engager en 2006 dans une démarche de développement durable avec la volonté d’aller jusqu’à une notation extra-financière. Les grandes cultures (blé, orge, betterave sucrière, luzerne) sont récentes dans ce département, car elles résultent des défrichements opérés après la seconde guerre mondiale dans des sols peu épais. Après une augmentation formidable des rendements qui ont atteint 80 quintaux de blé/ha dans les années 1990, ceux-ci ont commencé à stagner, puis à décroître, et les écarts d’une année à l’autre se sont fortement accrus. Dans le même temps, les taux de matière organique des sols, déjà faibles à l’origine, avaient baissé des 2/3 alors que les prix du phosphore et de l’azote subissaient des variations allant jusqu’à 1 à 3. En outre, pour les responsables de la coopérative, la garantie d’approvisionnement à long terme de ces intrants n’est pas sûre, l’Inde et la Chine ayant acquis une position d’acheteurs dominants. Ceux-ci en ont donc conclu en 1997 qu’il fallait revoir totalement les fondamentaux de l’agriculture. Ils ont été confortés dans leurs démarches par leur connaissance de la nouvelle agriculture de conservation au Brésil.
A l’échelle départementale, Ferme Aube est un réseau qui permet de regrouper les différents organismes relatifs aux grandes cultures autour de questions communes, comme l’eau, les nouveaux itinéraires agronomiques, la communication…, afin de partager des références et transférer l’innovation vers les agriculteurs. L’objectif final est d’augmenter la valeur ajoutée, de relever le défi de la durabilité et de dynamiser le développement régional.


Voir en ligne : La France et ses campagnes 2025-2050 — Regards croisés filières et territoires


[1SAU : Surface agricole utile.

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