Sentiers

Entre deux

Accueil > Le meilleur est avenir ... > Pour une vraie responsabilité sociale

Pour une vraie responsabilité sociale

vendredi 26 décembre 2014

A lire absolument quand on s’intéresse à la RSE (responsabilité sociale des entreprises), m’avait dit Thierry. Je n’ai pas regretté.
François Vallaeys est philosophe. Il emploie toutes les ressources de sa discipline pour interroger ce que pourrait apporter la responsabilité sociale. Sous son regard critique, il assigne à ce concept de devenir un instrument d’une responsabilité prospective. Celle-ci est fondée sur le lien associatif créée par une promesse à tenir au futur, celle de bâtir un monde soutenable. Elle nécessite la co-construction d’un mode de régulation de droit souple (soft law) complémentaire du respect individuel d’une éthique d’un côté et d’une contrainte imposée par la loi et l’État (hard law) de l’autre. « La soft law opère par obligations mutuelles auto-régulées et co-régulées entre interlocuteurs conservant leur autonomie juridique propre et leur droit de regard sur les règles qu’ils se donnent. »
Il n’est pas étonnant que sur cette voie, l’auteur rencontre plusieurs fois l’oeuvre d’Elinor Ostrom, Nobel d’économie 2009, sur la gestion des biens communs. Elle a démontré qu’ente la gestion des biens publics par l’État et celle des biens privés par le marché, il existait des biens communs qui, sous certaines conditions, peuvent être gérés plus efficacement par des communautés susceptibles de se fixer des règles et d’avoir les pouvoirs pour les faire appliquer. Il s’agit souvent de bien inscrits dans un territoire délimité.
Toutefois ce rapprochement oriente trop les propositions de l’auteur. Celle-ci ont du mal à dépasser une incitation à une tertiairisation de l’économie et des régulations entre parties intéressées. Or on sait bien les limites d’une priorité à l’approche territoriale, en particulier si celle-ci doit s’étende à la régulation et l’orientation de l’activité scientifique.
Ne boudons pas notre plaisir toutefois d’avoir rencontrer une construction intellectuelle qui affirme : « La responsabilité sociale des organisations est née dans un entre-deux, ni morale personnelle solitaire héroïque, ni imposition légale étatique. Elle concrétise (ou devrait concrétiser) l’effort de fixer des cadres de régulation à l’activité économique et sociale qui soient négociés entre partenaires sociaux. »
Un lieu répond depuis déjà longtemps à cette vision : le système de normalisation (l’AFNOR pour l’essentiel dans notre pays). On pourrait en tirer un double plaidoyer pratique en faveur d’une meilleure participation des divers acteurs aux activités de normalisation (les ONG environnementales, les collectivités territoriales, etc.) d’un côté et d’une meilleure prise en compte de leurs souhaits par les acteurs les plus impliqués (les entreprises).


Voir en ligne : Pour une vraie responsabilité sociale

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Lien hypertexte

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d’informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)