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Agronomes de France - projet de livre blanc pour la COP 21 - contribution

samedi 7 mars 2015, par André-Jean

Les changements climatiques sont des phénomènes d’échelle mondiale avec des pas de temps séculaires, même si leurs manifestations se font sentir dès à présent, même si les conséquences sont et seront très contrastées selon les régions du monde. Les agricultures, les gestions et exploitations forestières, les filières alimentaires et de celles utilisant la biomasse doivent s’adapter à ces changements. Elles peuvent aussi contribuer à limiter les émissions de GES [1] . Ce dernier objectif ne doit pas pour autant faire prendre l’ombre pour la proie. Il s’articule à d’autres défis majeurs, défis essentiels en eux-mêmes et dont la façon d’y répondre peut, en outre, permettre des réductions d’émissions de GES supérieurs à ceux atteignables seulement par la modification des pratiques agricoles et forestières. Vous aurez reconnus ces défis : nourrir les hommes, développer les activités et les revenus, réduire les pertes et gaspillages, produire des matières premières, limiter les émissions de GES de l’agriculture, des terres et de la forêt. Ces défis se posent également de façon spécifique dans chaque territoire. Mais, ils n’en sont pas moins aussi des enjeux aux diverses échelles : pays, régions, monde. Penser et agir localement en se situant toujours dans des horizons lointains et des perspectives globales est plus que jamais nécessaire.

Le présent article détaille les sources, ordres de grandeurs et références d’un bref exposé. Une dizaine d’intervenants avaient ainsi la charge d’apporter en 5 minutes leur divers point de vue à l’occasion du lancement de l’initiative des « Agronomes de France - projet de livre blanc pour la COP 21 », mardi 10 mars 2015 au soir. C’est donc une simple contribution au lancement de cette opération qui devrait déboucher en septembre 2015. [Les titres entre crochets renvoient à des développements dans d’autres articles]

Sommaire — Agronomes de France - projet de livre blanc pour la COP 21 - contribution

Nourrir les hommes

Encore plus de 800 000 individus sous-alimentés [La faim, émeutes et endémisme] et plus de 2 milliards de personnes souffrent de carences en micro-éléments [Mal-nutrition]. La première mission des agriculteurs, et, derrières eux, des agronomes et ingénieurs du vivant est de nourrir les hommes. Or la mission ne sera pas plus facile demain qu’aujourd’hui surtout avec l’ambition de nourrir tous les hommes correctement. Il y aura 2 à 3 milliards d’humains supplémentaires d’ici la le milieu du siècle (ONU 2012) [Démographie]. Il faudra produire environ le double d’aliments [Disponibilité alimentaire]. Il faudra le faire alors que le réchauffement sera encore plus sensible et provoquera une baisse des rendements dans une partie du monde et des sécheresses et stress hydriques plus importants dans certaines régions (Méditerranée, moyen orient, etc.).
Une plus grande efficacité de la production agricole et de biomasse permet souvent de réduire la contribution aux changements climatiques du secteur « AFOLU » de la convention climat (CCNUCC) :

  • Travailler sur les systèmes agronomiques (agricoles et forestiers), avec de nouvelles orientations donnant la priorité à l’efficacité par rapport aux différentes ressources naturelles : eau, énergie fossile (et notamment engrais azotés), apports minéraux, etc. [Intensification de l’agriculture]
  • L’agriculture écologiquement intensive portée notamment par Michel Griffon dans l’ouest de la France et par le CIRAD dans le cadre de l’appui au développement est une voie récente qui mérite approfondissement.
  • L’agroforesterie, terme moderne pour des techniques traditionnelles de cultures associées, doit pouvoir bénéficier des progrès de travaux de R&D (jusqu’à présent trop exclusivement orientés vers l’intensification par rapport au facteur travail). Ces techniques peuvent apporter beaucoup notamment pour l’amélioration de la production et pour leur résilience dans des situations de sol ou climatiques difficiles. Avantage supplémentaire et non des moindres, elles favorisent la biodiversité.

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Maintenir des activités et assurer des revenus

Les actifs agricoles, si l’évolution actuelle sur le modèle des vieux pays industrialisés se poursuit, tendraient à constituer 3% des emplois. Le monde perdrait ainsi 37% de sa population agricole, soit 2,6 milliards de personnes et 1,69 milliards d’actifs d’ici 2050. Ajoutés aux 0,85 milliards d’emplois décents à créer pour répondre aux besoins d’aujourd’hui et aux 1,3 milliards pour les populations supplémentaires d’ici 2050, il faudrait créer 3,8 milliards d’emplois nouveaux d’ici le milieu du siècle. Le moins que l’on puisse dire est que cela sera difficile et qu’une telle évolution est lourde de menaces dans le pays en développement concernés, mais également dans les pays développés par la pression exercée vers le bas sur le marché international du travail.
Ajoutons que les bouleversements à l’œuvre qui conduisent à l’urbanisation croissante des populations sont ceux-là mêmes qui génèrent la croissance des émissions de GES et notamment de CO2 : spécialisations territoriales des productions agricoles et industrielles, intensification par rapport à la main d’œuvre par une utilisation croissante de ressources minérales et naturelles, augmentation massive des infrastructures, des constructions et des transports, etc. S’il faut tout faire pour créer le plus d’emplois possible en général, il est impératif de tout faire aussi pour éviter les destructions d’emplois existants, notamment dans l’agriculture qui risque d’être le gros pourvoyeur de demandeurs d’emplois, du fait que la production agricole représente encore 40% du travail mondial. Il est donc impératif de lutter contre les exclusions paysannes. Il est impératif aussi d’accompagner le développement d’une agriculture familiale moderne dans tous les pays. Le CESE formule nombre de recommandations dans ce sens [2] :

  • Mieux connaître, défendre et promouvoir les agricultures familiales : Dynamiser et pérenniser l’Observatoire des agricultures du monde.
  • Garantir aux agriculteurs un accès à la terre, à l’eau et aux semences : Favoriser l’accès au foncier en limitant la concentration des exploitations et en mettant l’accent sur les droits d’usage, notamment ceux des femmes ; Rendre contraignantes les Directives de la FAO pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts ; Sécuriser l’accès à l’eau, notamment grâce à une gestion plus économe et un contrôle public plus fort ; Préserver le droit des agriculteurs de continuer à produire, sélectionner et échanger des semences adaptées au contexte pédo-climatique local et dont le bon état sanitaire est assuré ; Refuser toute « privatisation du vivant »
  • Permettre aux agriculteurs de choisir leurs productions et leurs itinéraires techniques, notamment grâce à l’accompagnement et à l’accès au crédit : Encourager les pratiques culturales alternatives pour renforcer la sécurité alimentaire et préserver les ressources naturelles ; Favoriser l’amélioration des outils de production en facilitant les investissements individuels ou collectifs ; Créer ou maintenir un réseau dense de structures formatrices, développer les cursus en alternance ; Soutenir la diffusion des bonnes pratiques et l’innovation en répondant aux besoins des agriculteurs.
  • Lutter contre la concurrence mondialisée et ses conséquences négatives pour les agricultures familiales : Faire reconnaître la spécificité des produits agricoles et alimentaires par l’OMC et dans le cadre des accords de libre-échange ; Lutter de façon affirmée contre l’accaparement des terres ; Favoriser l’organisation des producteurs et soutenir leur implication dans la gouvernance de l’agriculture ; Faciliter l’accès aux marchés et améliorer l’organisation des filières pour assurer des prix rémunérateurs pour les agriculteurs ; Développer les infrastructures de stockage et de transport ; Réduire le gaspillage alimentaire mondial et les pertes agricoles.
  • Reconnaître et valoriser le métier d’agriculteur et des autres travailleurs de la terre : Mener à son terme le travail du Conseil des Droits de l’Homme pour élaborer une déclaration des droits des paysans ; Mettre en place une véritable protection sociale pour les agriculteurs et les membres de leur famille qui travaillent sur les exploitations ; Engager une réflexion au sein de l’ONU sur les composantes sociales de l’agriculture ; Communiquer pour améliorer l’image de l’agriculture et favoriser l’attractivité du métier.
  • (Re)mettre les agricultures familiales et l’alimentation au coeur des politiques publiques : Définir des politiques publiques adaptées aux contextes locaux et aux enjeux des agricultures familiales, articulées avec des programmes d’actions coordonnés en matière d’alimentation, d’éducation, de santé, d’emploi, de protection des ressources naturelles... ; Reconnaître le concept d’exploitation familiale dans la PAC.
    Mais aussi, des recommandations issues du rapport d’Henri Rouillé d’Orfeuil pour l’Année internationale de l’Agriculture Familiale

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Réduire les pertes et gaspillages

Les pertes alimentaires et le gaspillage [Gaspillages et pertes] représentent des quantités très importantes, trop importantes : 1,3 milliards de tonnes par an [3]. Dans les pays à revenu intermédiaire et élevé ce sont plutôt des gaspillages, c’est à dire des aliments jetés parfois même encore utilisables. Dans les pays à faible revenu, il s’agit principalement de pertes au début et en cours de la chaine d’approvisionnement alimentaire. En Europe, comme en Amérique du Nord, les pertes et gaspillages sont estimés à 280-300 kg/pers/an pour une production totale d’aliments d’environ 900 kg/pers/an. Dans les pays sub-Sahariens et de l’Asie du Sud et du Sud-est, les pertes et gaspillages sont estimés à 120-170 kg/pers/an pour une production d’environ 460kg/pers/an. On est chaque fois proche d’un taux de pertes et gaspillages de 30 % à 40 %. En d’autre termes, les aliments perdus et gaspillés permettraient dès à présent de nourrir la population supplémentaire attendue vers le milieu de ce siècle, … et ceci sans mobilisation accrue de facteurs de production, de ressources naturelle et sans émissions supplémentaires de GES.
La réduction des pertes et gaspillages est une priorité qui demande une mobilisation différenciée selon les pays et les spécificités des productions et des chaines d’approvisionnement.
Parmi les pistes d’amélioration proposées :

  • Dans les pays industrialisés, réduire les excès de production par rapport à la demande. Il est suggéré notamment d’améliorer la communication et la coopération entre agriculteurs, notamment pour mutualiser les informations prévisionnelles sur l’adéquation offre demande.
  • Dans les pays en développement, l’une des causes de pertes provient de récoltes prématurées pour disposer de ressources financières. Favoriser l’organisation et la diversification de la production et de la mise en marché des petits agriculteurs, notamment en permettant l’accès au crédit.
  • Les critères d’apparence des aliments frais des grandes surfaces commerciales conduisent à des gaspillages, ainsi en amont qu’à des méthodes culturales dispendieuses en ressources naturelles (irrigation, engrais, etc.) Cependant, des enquêtes auprès des consommateurs révèlent que ceux-ci sont prêts à acheter des denrées hétérogènes tant que leur saveur n’est pas affectée.
  • Les circuits courts sont également une réponse : ventes à la ferme, marchés paysans, AMAP, etc.
  • Des systèmes de stockage déficients et l’absence d’infrastructures causent des pertes après récolte dans les pays en développement, notamment pour les fruits, les légumes, la viande et le poisson. Des investissements dans les infrastructures et les transports sont nécessaires.
  • L’insuffisance de sécurité sanitaire de la nourriture conduit à des gaspillages. Il y a donc nécessité à développer les connaissances et les compétences des opérateurs des chaines d’approvisionnement alimentaires.
  • Jeter peut être moins coûteux qu’utiliser ou ré-utiliser dans les pays industrialisés, notamment quand les produits intermédiaires ne correspondent pas à toutes les exigences de qualité (notamment en matière d’apparence). Il serait donc intéressant de développer des marchés pour des produits de divers niveaux de qualité.
  • L’absence de moyens de transformation cause des pertes importantes dans les pays en développement. Il est suggéré d’encourager les contrats d’approvisionnement entre agriculteurs et transformateurs.
  • Dans les pays industrialisés, les ventes en grandes quantités et la variété des produits/marques conduisent à des gaspillages. Tandis que des modes de commercialisation inadaptés causent des pertes importantes dans les pays en développement. Des coopératives de commercialisation sont susceptibles d’apporter des améliorations.
  • Les gaspillages de nourriture sont minimes dans les pays en développement, du fait des faibles revenus des ménages. Tandis que l’abondance et les attitudes de consommation génèrent beaucoup de déchets alimentaires dans les pays industrialisés. L’information du public, l’éducation à l’école et les initiatives politiques sont de possibles points de départ pour changer les attitudes qui favorisent les actuels gaspillages massifs.

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Produire des matières premières

Les végétaux chlorophylliens captent l’énergie lumineuse et le CO2 et en font de la biomasse. La matière sèche nette ainsi produite est estimée 172 milliards de tonnes par an [Production de biomasse végétale]. Cette biomasse représente une énergie potentielle de 74 Gtep [4]. Même si la partie souterraine représentant les deux cinquièmes n’est quasiment pas accessible à l’homme, la partie aérienne accessible de cette biomasse représente encore 44 Gtep, soit plus de 3 fois la consommation mondiale annuelle d’énergie. L’humanité exploite aujourd’hui moins de 10 % de la production nette totale de biomasse [Utilisations de la biomasse], dont moins de la moitié pour les productions alimentaires. Pourra-t-on substituer davantage de bio-ressources aux ressources fossiles émettrices de CO2 sans nuire à la satisfaction alimentaire ni sans déstabiliser les écosystèmes ?
Le champ des possibilités se défriche. Rien qu’en France, au moins 10 pôles de compétitivité affichent dans leurs centre d’intérêt, l’agriculture, l’alimentation, l’agro-alimentaire, la forêt et le bois, les bio-ressources [5]. Une illustration est donnée avec Bioraffinerie 2030. Je ferais référence au rapport auquel j’ai contribué au CGEDD [6] en mentionnant quelques unes de ses recommandations :

  • Valoriser de la ressource forestière française, de l’amont à l’aval : susciter la substitution de matériaux bio-sourcés aux matériaux fossiles ou plus énergivores, encourager les usages des bois feuillus, mobiliser plus de bois en relançant l’investissement forestier privé. Les industries du bois sont retenues au titre de la La Nouvelle France industrielle [7]
  • Conforter la production européenne de bioéthanol et de biodiesel.
  • Accompagner le passage à la phase industrielle de production de
    biocarburants de 2ème génération.
  • Plus largement soutenir l’émergence du concept de bioraffinerie.

Ces trois dernières pistes s’inscrivent également dans un autre projet de La Nouvelle France industrielle : Chimie Verte et BioCarBurants [8].

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Limiter les émissions de GES de l’agriculture, des terres et de la forêt

Atteindre le facteur 4 en 2050 [9] ne sera pas une simple promenade de santé. Tous les domaines d’activité, mais aussi les modes de consommation devront y contribuer. Dans le cadre de la convention climat [10], les émissions de GES de l’agriculture sont regroupées avec celles liées aux changements d’occupation des terres et celles des forêts. [11]
L’agriculture est au deuxième rang des émissions de GES en France comme dans le monde. Dans notre pays elles s’élèvent à 94 Mt CO2 équivalent en 2010, soit 18 % des émissions nationales [12]. Outre les émissions liées à la fourniture d’énergie, elles tiennent pour l’essentiel aux émissions de méthane pour 42,3 Mt CO2 éq. venant à 90 % du cheptel bovin, et aux émissions de N2O dues aux engrais pour 51,9 Mt CO2 éq.
Les sols agricoles et forestiers et les productions qu’ils portent constituent d’importants réservoirs de carbone. Ils peuvent absorber du gaz carbonique (CO2) plus qu’ils n’émettent de GES et fonctionner alors comme « puits », Mais l’inverse est également possible : dans certaines conditions, ils deviennent des « sources ». Les changements de vocation des sols agricoles sont à effet « source » dans le cas de retournement des prairies pour la mise en cultures labourées, et de « puits » dans le cas contraire. Le bilan total UTCF [13] de la France entière est un puits net en augmentation depuis 1990 (- 23 Mt CO2 éq. à – 45 Mt CO2 éq.). Le puits de la forêt (malgré un recul de la forêt guyanaise) est passé sur la même période de - 38 Mt CO2 éq. à - 66 Mt CO2 éq. . La différence est essentiellement due au retournement des prairies et à l’artificialisation des sols.
Les contributions possibles de l’agriculture et de la forêt à la lutte contre le changement climatique sont détaillées dans un rapport du CGAAER [14]. On note parmi les recommandations :

  • des changements de pratiques et de systèmes de culture avec la réduction des émissions de méthane issues des élevages, notamment par la promotion de la méthanisation ; le stockage additionnel de carbone avec, par exemple, le semis direct et l’agro-foresterie ; la maîtrise de la fertilisation, le recours préférentiel à l’azote organique et le développement des légumineuses.
  • L’augmentation du rôle de la forêt, en optimisant la substitution d’usages en aval (voir supra).
  • La réduction du déstockage lié à la perte de prairies et à l’artificialisation des sols.
  • La réduction du gaspillage alimentaire qui touche 30% de notre production (voir supra).

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, propose la vision d’une grande contribution de l’agriculture à la réduction des GES : un grand programme qui pourrait s’appeler « les 4 pour mille ». 4 pour mille, c’est l’augmentation de carbone piégé annuellement sous forme de matière organique dans les sols qui permettrait de compenser les émissions de CO2 liées aux activités humaines [15].

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[1GES : gaz à effet de serre responsables des changements climatiques, principalement : CO2, CH4, N2O, etc.

[2Conseil économique social et environnemental, L’agriculture familiale

[3Etude pour la FAO en 2011 : Global food losses and food waste

[4Gtep : milliards de tonne équivalent pétrole

[6CGEDD : Conseil général de l’environnement et du développement durable, Les usages non alimentaires de la biomasse

[8Voire le document La nouvelle France industrielle, p. 41, ainsi que le commentaire de l’IFPEN sur le Plan industriel Chimie verte et biocarburants

[9L’objectif de diviser par au moins 4 les émissions de GES d’ici 2050 est inscrit dans le droit européen. Il l’est également en France dans la loi POPE de 2005, puis dans la loi Grenelle 1 de 2009. Il est repris actuellement dans le projet de loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. La perspective est de ne plus émettre de GES à la fin du siècle.

[10Convention cadre des Nations Unies sur les changement climatiques, CCNUCC

[1224 % au plan mondial

[13UTCF : utilisation des terres et leur changement et la forêt. Il s’agit d’un secteur identifié dans la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

[15Intervention de Stéphane Le Foll mardi 17 mars 2015 à Montpellier à l’occasion de la conférence scientifique internationale « Agriculture intelligente face au climat ». La référence sur ce sujet remonte à une expertise collective réalisée par l’INRA pour le Ministère de l’environnement en 2002 : Contribution à la lutte contre l’effet de serre : stocker du carbone dans les sols agricoles de France ?. Les conclusions montrent un réel potentiel de stockage. Mais les conditions expliquent les interrogations du journaliste Frédéric Denez : Les sols, le climat et les inondations : la révolution 4 p 1000 ?

Messages

  • Cher André-Jean
    Qq commentaires - pt de vue perso -
    Gaspillage Alimentaire :
    les systèmes de régulation de l’économie sont eux m facteurs d’importantes sources de G ; ex au sein de la PAC, le calibrage - nécessaire pour pouvoir vendre- provoque un G énorme de Fruits, Légumes et Poissons péchés en mer
    Réchauffement climatique :
    tu sembles ne tenir guère compte de ce que les Centres de Recherche- publics et privés- peuvent ou pourront produire ; en son temps ils ont su contribuer aux besoins exprimés par l’Agric productiviste - ex de ces vaches hideuses, ss cornes, qui ne sont que des mamelles sur pattes et qui produisent des lactations de 4 ou 5 fois la normale ; je crois qu’ils mettront à jour des bovins ou porcins ne rejetant que de faibles qtés de méthane ; je crois que c’est déjà trouvé
    Id en matière de fertilisation : l’époque - pas si lointaine, il y a 30 ans- ou l’on fertilisait systématiquement, par précaution, tte la parcelle semble révolue ; on ne fertilise plus que les parties de champ- repérées par drones- qui en ont besoin
    Croissance démographique
    Je crois que les 2 à 3 milliards de consommateurs supplémentaires auront besoin des capacités à produire stocker transporter des pays développés pour échapper à la famine ; étudiants nous étions séduits par les thèses de Dumond ; cinquante ans après, on voit.....

    Très intéressantes contributions ; cordialt

    • Merci Cher Pierre pour tes réactions et ton commentaire. Je partage avec toi que la recherche en biologie et en agronomie peut déjà et pourra encore davantage demain contribuer grandement à répondre aux défis qui se présentent à l’humanité pour produire une nourriture double, pour permettre de collecter une part accrue de biomasse tout en assurant la pérennité des écosystèmes et en réduisant les besoins d’intrants. Ceci par une meilleure exploitation de l’eau et de l’énergie solaire notamment.
      Ma conviction est que les plus grandes difficultés pour relever ces défis viendront de l’organisation des sociétés humaines, des investissements à réaliser, des transferts financiers et de technologies entre régions du monde, des modifications de comportement.

  • Contribution fort intéressante mais ne croyez vous pas que le maillon faible pour atteindre tous ces merveilleux objectifs n’est pas la boite noire que vous appelez "l’organisation des sociétés humaines" ? Ne faudrait-il pas être plus attentif à ce que font ou que peuvent faire les gens eux-même et à leur avis et points de vue sur les Ya qu’a qui constituent la trame des solutions proposées du point de vue de la recherche agronomique ?

  • "L’Agenda des solutions" pourrait bien avoir comme premier intérêt de montrer qu’il est possible de contribuer à l’initiative de chacun des acteurs.

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