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Éolien : le débat reste ouvert

lundi 22 septembre 2014, par André-Jean

Merci HA pour ton message et pour le lien vers la vidéo sur L’énergie éolienne : la grande escroquerie. Tu n’es pas le seul à t’interroger sur les énergies dites « renouvelables » et, de façon encore plus connotée, « propres ». Tu n’es pas le seul et ce n’est pas tout à fait nouveau concernant l’éolien.
Dans les années 2005, l’éolien n’arrivait pas à démarrer et la France prenait du retard vis-à-vis des pays du Nord de l’Europe et notamment des Pays-Bas ou de l’Allemagne. Un certain nombre de procédures rendaient difficiles l’implantation de ces machines dans les paysages de notre pays et les oppositions étaient déjà nombreuses. La délégation au développement durable du ministère de l’environnement et du développement durable (à l’époque il ne couvrait pas l’énergie) a été chargée de formuler des propositions pour lever les freins et favoriser le développement des éoliennes.
Le reportage montre que les mesures prises ont eu quelque efficacité.

Cathédrale de Coutances et l’éolienne de Gratot

Le problème d’un tel reportage se situe principalement dans son style, figure imposée pour espérer une bonne diffusion médiatique : la musique inquiétante, le propos qui dénonce un complot d’Etat, action de lobbyistes puissants contre des habitants démunis, le courage de David contre Goliath, cadrage des prises de vue, etc.

Ceci étant et pour ce que j’en sais,
Oui les éoliennes se développent rapidement en France,
Oui, elles bénéficient d’un régime économique qui en favorise le développement,
Mais non, il ne s’agit pas d’un complot d’Etat, sauf à considérer que les décisions prises par les gouvernements successifs et les députés qui ont voté les loi et ceci en application des programmes politiques largement discutés comme le Grenelle de l’environnement, les conférences environnementales, et bientôt la loi énergie sont la manifestation de décisions cachées fomentées par des lobbyistes acharnés,
Et oui, les énergies renouvelables (notamment éolien et photovoltaïque pour l’électricité) coutent au consommateur d’électricité (et aussi de gaz), et non pas au contribuable, 86 % des 6,2 mds € de la CSPE en 2014 contre seulement 5,7 % pour les dispositions sociales. Ceci résulte directement des dispositions législatives évoquées plus haut.

Par ailleurs,
Oui, l’éolien ne produit de l’électricité que lorsqu’il y a du vent (et le photovoltaïque quand il y a du soleil) environ 2 000h/an pour l’éolien en France (sur un total annuel de 8 760 heures),
Oui, si l’on voulait produire avec des éoliennes les 500 TWh d’électricité consommée en France annuellement, les 5 000 éoliennes mentionnées dans le reportage n’y suffiraient pas, pas plus que les 25 000 annoncées pour demain. Jean-Marc Jancovici a fait le calcul et en donne le résultat sur son site Internet : 100 000 [1]. Les 25 000 seraient encore loin du compte !
Oui, on a aussi besoin d’électricité quand le vent ne souffle pas (et quand le soleil ne brille pas), et
Oui, cela demande aujourd’hui des modes de production qui soient capables de prendre le relai (hydroélectricité, nucléaire pour une part, charbon, gaz), ce qui ne va pas sans poser des problèmes redoutables de rentabilité (GDF-Suez vient d’annoncer l’arrêt et la mise sous cocon de plusieurs centrales à gaz récentes en Europe car utilisées un trop petit nombre d’heures), et d’équilibre du réseau électrique en Europe,
Oui aussi, l’Allemagne a augmenté (non pas de façon considérable comme dit dans le reportage, mais malgré tout plus que la croissance de son économie) ses émissions de gaz à effet de serre (CO2 pour l’essentiel) du fait d’une augmentation substantielle de sa production électrique à partir de combustibles fossiles. Et oui, ceci n’est pas prêt de s’arrêter, car les investissements récents resteront fonctionnels des décennies comme la mise en exploitation de nouvelles mines de lignite à ciel ouvert. Oui l’Allemagne est de loin le plus gros émetteur de CO2 de l’union européenne, non seulement dans l’absolu, mais, avec le Danemark, également par habitant.

Bien d’autres considérations seraient à développer autour de ces questions qui montreraient à tout le moins qu’il n’y a malheureusement pas d’énergie propre. Autrement dit, pas de politique énergétique sans casser des oeufs. On peut imaginer des politiques « tout renouvelable ». Denis Bonnelle le propose notamment dans son livre La poule aux œufs d’or, mais ce ne serait pas sans conséquences.

Ma priorité est claire : contribuer à éviter un chaos climatique. Je la partage avec la Fondation Nicolas Hulot. C’est la première priorité de la loi Grenelle 1 : lutter contre le réchauffement climatique. Cette priorité doit conditionner les autres choix ...

  • efficacité énergétique,
  • mix énergétique,
  • positions aux plans européen et international,

... en fonction des autres priorités ...

  • indépendance énergétique,
  • balance commerciale,
  • coût d’accès à l’énergie,
  • politique européenne,
  • investissement d’avenir et capacité à se placer sur les marchés de demain,

... et des contraintes ...

  • réglementation européenne,
  • ressources énergétiques nationales,
  • investissements déjà réalisés,
  • compétences,
  • moyens financiers,
  • etc.

Voir en ligne : L’énergie éolienne : la grande escroquerie

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